RÉSIDENCE DE LA COMPAGNIE HIMÉ (KAORI ITO)

La Compagnie Himé - Kaori Hito poursuivra l’exploration du territoire fontenaysien avec des actions en direction du jeune public, du tout public et des performances organisées sur l’espace public.

Pouvez-vous présenter en quelques mots la Compagnie Himé et votre travail autour de la danse ?

Kaori Ito : A mon arrivée en France, j’avais le désir de créer. J’étais hors cadre au Japon, je sentais que j’allais sortir du ballet classique où je me sentais à l’étroit. Et créer avec la danse était vital pour moi. Je ne pouvais pas bien parler, j’ai donc essayé de m’exprimer par la danse. En 2015, j’ai créé ma compagnie et j’ai travaillé avec mon père et mon compagnon sur la question de la relation intime entre moi et les autres. Je devais passer par là pour retourner à la sincérité. Ce qui change avec la Compagnie Himé, c’est que désormais je transmets mes paroles aux autres. J’aime bien aller écouter, récolter les confidences des autres, et à partir de là, je fais des spectacles. Le spectacle Chers a été créé ainsi, l’idée c’était de recueillir des lettres écrites par les interprètes et adressées à leurs proches décédés. Et en ce moment, je crée le spectacle Le monde à l’envers pour lequel on a récolté des secrets auprès des enfants dans les maternelles. Et ces secrets deviennent des supers pouvoirs. Ce sera un spectacle à partir de 4 ans… et jusqu’à 125 ans ! Il s’adresse aussi aux adultes parce qu’il va réveiller notre enfance. C’est elle qui va changer le monde !

La danse est parfois perçue comme une discipline un peu moins accessible que le théâtre ou la musique par exemple… Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui pensent cela ?

K. I. : Je pense que cela dépend des chorégraphes et de pourquoi est-ce que l’on utilise la chorégraphie. J’aime bien quand on voit l’humanité à travers la danse et cela parfois ça se voit dans l’épuisement des danseurs ou quand on travaille sur la dramaturgie et sur le fond. Cette forme de travail est très importante pour moi, quand il y a une sorte de liberté qui permet aux interprètes de venir comme des acteurs sur scène, au lieu de venir comme des danseurs. Je fais en sorte que les spectateurs qui ne connaissent pas la danse puissent en tirer quelque chose, pas une histoire mais plutôt une émotion.

Vous êtes présente depuis plusieurs mois à Fontenay-sous-Bois. Qu’est-ce que vous avez découvert dans cette ville et au contact de ses habitants ?

K. I. : Avec les lycéens on a fait une rencontre. J’ai trouvé ça intéressant qu’il y ait un local de peinture et une option pour préparer les Beaux-Arts dans ce lycée-là. Cela m’a fait chaud au coeur de voir qu’on n’y apprend pas uniquement à être cadré mais qu’il y a aussi cette dimension artistique. Dans l’école maternelle avec laquelle on a travaillé à côté de Val-de-Fontenay, la classe était mélangée entre grands et petits sur cet atelier-là. Il y avait aussi des enfants handicapés et des enfants roms qui habitent dans le camp à côté de l’autoroute. Il y avait donc une mixité importante et ils avaient beaucoup de choses à partager. Ils se sont exprimés sur leurs secrets ou sur l’amour… Ils étaient complètement différents mais ils se comprenaient.

Quels sont les projets que vous préparez pour la prochaine saison ?

K. I. : Il y aura l’ouverture de saison ou je présenterai une performance dans les vergers. il y aura les spectacles Le monde à l’envers et Je danse parce que je me méfie des mots, et autour on fera des pop-up dansés et des ateliers dans des classes de maternelles et dans des lycées. On a inventé une forme pour raconter une histoire, cela s’appelle un kamishibaï, un petit théâtre fait d’un cadre en bois qui s’ouvre. J’ai fait des dessins et des sérigraphies sur du bois très fin, qui glisse dans le cadre. Autrefois, au Japon, le kamishibaï était utilisé pour raconter des histoires aux enfants. On ira donc dans les classes avec ce kamishibaï, avec l’histoire d’un garçon qui tombe dans un monde à l’envers et qui, pour faire revenir le monde à l’endroit, doit demander aux enfants de raconter leurs secrets… C’était au début une médiation, pour accompagner la préparation du spectacle, et on va continuer et l’utiliser cette année comme un atelier pour parler du spectacle.

Comment présenteriez-vous aux Fontenaysiens la prochaine saison en 2 mots ?

K. I. : Provoquer la vie. Et enfin dialoguer ensemble pour créer un nouveau monde… si c’est possible !

LES TEMPS FORTS DE LA SAISON DE LA COMPAGNIE HIMÉ

  • Performance Kamishibaï lors de l’ouverture desaison, aux Vergers de l’îlot, le 19 septembre
  • Accueil du spectacle Le monde à l’envers au Théâtre Halle Roublot, le 5 février 2022
  • Accueil du spectacle Je danse parce que je me méfie des mots au Théâtre Halle Roublot les 10 et 11 mai 2022
  • Restitution des ateliers au lycée Picasso le 20 mai 2022